jeudi 30 décembre 2010

En 2010


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Sur le blog de Joseph Ghosn, on peut trouver une liste de mes disques et concerts préférés de cette année. Ci-dessous, voici les films les plus marquants que j'ai vus en 2010. Quelques documentaires bien sûr, mais aussi pas mal de fictions. Où l'homme se perd dans son environnement. Où il devient le paysage. Où les liens de la communauté se nouent et se dénouent... Où...
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Une partie de campagne de Jean Renoir (1936-1946)

Fountainhead (Le rebelle en français) de King Vidor (1948)

Divine Horsemen. The Living Gods of Haïti (1947-1981) de Maya Deren

La ligne générale de Sergueï Eisenstein (1929)

La femme des sables d’Hiroshi Teshigahara (1964)

A propos de Nice de Jean Vigo (1929)

La montée au ciel de Stéphane Breton (2009)

Stromboli, terra di Dio de Roberto Rosselini (1950).

Oncle Boonmee (celui qui se souvient de ses vies antérieures) d'Apichatpong Weerasethakul (2010)

Déjà s'envole la fleur maigre de Paul Meyer (1960)

Terra em transe de Glauber Rocha (1967)

La république Marseille de Denis Gheerbrant (2006-2007)

Fantastic Mr Fox de Wes Anderson (2009)

Walden de Jonas Mekas (1964-1968)

En avant jeunesse de Pedro Costa (2008)

Voyage aux Pyrénées de Jean-Marie Larrieu (2008)

Close-Up d’Abbas Kiarostami (1990)

The Shooting de Monte Hellman (1967)

Milestones de Robert Kramer (1975)

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mercredi 29 décembre 2010

Sept batteries

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Un petit mot pour signaler la parution en janvier du premier hors série papier du Son du grisli : Sept batteries, soit 7 portraits inédits (de Sunny Murray, Ingar Zach, etc) et 35 chroniques en 60 pages. On y trouvera mon portrait du batteur Chris Corsano. Toutes les infos pour commander le fascicule se trouvent sur le site du Grisli.
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samedi 25 décembre 2010

La simplicité d'autrefois

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En ces temps de réjouissances et de classements de fin d'année, il est bon de ne pas oublier les vieux grincheux :
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"Qu'y a-t-il aujourd'hui de plus artificiel que notre musique qui imite le gazouillis de multiples oiseaux en utilisant un si grand nombre de voix ? Que dirait Emérèpes, cet éphore de Lacédémone qui coupa à la hache deux des neuf cordes de la lyre du musicien Phrynis en lui disant : "Ne corromps pas la musique !" Que dirait-il aujourd'hui s'il entendait qu'on reproduit dans les églises avec un seul et même orgue les trompettes, les cors, les trompes, les flûtes ouvertes, les flûtes à la sonorité plus grave, les flûtes au son rauque, le tonnerre, les voix humaines et les chants des oiseaux ? Notre musique est à l'image de nos vêtements, comme à celle de notre nourriture ou à celle de notre architecture. On ne retrouve nulle part la simplicité d'autrefois, le nombre de raffinements artificiels s'accroît de jour en jour. Ainsi, aussi longtemps que les mœurs des hommes n'avaient pas été corrompues, leur langage était également resté plus sobre : ce qu'il serait facile de découvrir par comparaison entre les écrivains anciens et les auteurs plus récents, comme Hippocrate avec Galien, Socrate avec Chrysippe. Aujourd'hui toute sagesse a dégénéré en un bavardage plus que sophistique, et c'est la raison pour laquelle elle a perdu le nom de sagesse, qu'elle en est venue à être méprisée, et qu'elle n'est encore à peu près honorée que par des esprits qui n'ont rien de brillant."
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Erasme, La langue (Lingua - 1525), édité dans Opera Omnia Desiderii Erasmi IV-1 A, pp. 52-53, 880-892.
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vendredi 24 décembre 2010

Le 31 décembre

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Nouvel An au Cercle des Cinés du Laveu

"Auberge espagnole" dès 20.00 pour ceux qui le désirent: que chacun amène quelque chose

Soirée dès 22.30 avec:

Dj Geister

Dj Capitaine Patate

Dj Jean Dezert

Dj Marcel Poulet

Dj Dimitri

Dj Steve Billet

& MORE

(Afrobeat futuriste, rap nostalgique, rock rebelle, electro végétale, fanfare ivre et farandole conceptuelle)

+ Projections

+ Surprises

5 euros.

Rue des Wallons, 45, 4000 LIEGE

BUS 21.

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jeudi 23 décembre 2010

Love makes the world go round


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La compilation parfaite du moment : Summer Records Anthology. 1974-1988. On enfile ses moufles et ses raquettes et on danse. Si ça se trouve, on va annuler Noël : on croise les doigts.
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samedi 18 décembre 2010

Archipel

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Après un passage remarqué à la Bibliothèque publique d'information du Centre Pompidou à Paris, Archipel, une nouvelle collection de la Médiathèque de la communauté française, est enfin consultable dans les centres de prêt et en ligne. Je suis très heureux de l'annoncer car ce projet envisage les musiques les plus pointues avec sérieux, dans une perspective historique, en établissant des passerelles entre les genres, souvent de manière originale. Cette façon de faire reste accessible au curieux grâce à une interface ludique et à un langage clair et précis, sans jargon technique. Pour savoir exactement de quoi il s'agit, je vous invite à lire le texte de présentation officiel ci-dessous et bien sûr à naviguer sur le site. Accessoirement, j'y ai contribué par l'écriture de plusieurs textes, sur Luc Ferrari, Pierre Schaeffer, Kurt Schwitters, Tony Conrad, Pauline Oliveros et bien d'autres. Bonne lecture. Bonne écoute.
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"Archipel est un projet conçu et réalisé par la Médiathèque de la Communauté française de Belgique.

C'est à la fois une collection permanente, un site internet et une exposition itinérante. Il entend proposer une exploration intuitive des musiques et des images aventureuses apparues depuis le début du XXème siècle et rendues possibles par les nouvelles techniques d'enregistrement et de modification des sons et des images inventées dès la fin du XIXème siècle. Visant clairement au décloisonnement des genres, Archipel a choisi de regrouper ces disques et ces films par « îlots » associant des artistes (ou des œuvres) qui partagent des pratiques de création proches (par exemple : le travail sur le silence, le bruit, le recyclage, le corps, etc.) La grande majorité de ces œuvres faisant appel, dans des combinaisons à chaque fois différentes, à plusieurs de ces modes opératoires, il est clair que ces îlots ne sont pas hermétiques.

Un Archipel que l'on peut visiter, où l'on peut se perdre, sans être spécialiste ou déjà initié aux expressions artistiques dites « expérimentales ».

Les îlots ne sont pas baptisé « corps », « silence », « aléas », « recyclage » (…) pour faire joli. Ils sont reliés ensemble pour souligner que les progrès des connaissances en différents domaines interagissent pour donner naissance à de nouveaux langages, de nouvelles manières de raconter la vie. Les îlots fonctionnent comme des rouages qui élaborent peu à peu un regard neuf sur les expressions artistiques . L'importance réside dans les passage que vous pratiquerez d'un îlot à l'autre.

Chaque îlot est composé de « pierres blanches » en musique, poésie ou cinéma, proposée en écoute et chacune de celles-ci est agrémentées d'un texte explicatif, d'un glossaire et d'un audio guide."

vendredi 17 décembre 2010

Bomonstre

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L'élégance et la précision de Lionel Marchetti et d'Aki Onda lors de leur concert en commun au Q-O2 ce samedi dernier m'a donné envie de replonger dans un des beaux disques de l'année : Ô saisons, Ô trombones. Sites sonores du Haut-Jura, par le quatuor de trombones Bomonstre, accompagné d'une interprétation musicale par Lionel Marchetti et d'une autre, écrite, par Joël Bastard (Arfi).
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Les deux premiers disques de ce coffret de 3 CD présentent l'enregistrement du quatuor dans différents sites naturels du Haut-Jura à travers les saisons. Un véritable travail sur le son, souvent très ludique, préside à la réalisation des différentes captations dont les intitulés en disent long sur les intentions des musiciens. Par exemple, pour la partie été, la piste 05 : Le chemin de Lélex en concert. site du Niaizet le 8 août 17h Trombones postés le long du chemin de 500m et microphones en déplacement ou encore pour la partie automne, la piste 06 : Désalpe à St Sergue (Suisse) le 3 oct vers 10h. Les trombones postés sur le chemin de transhumance sont vite couverts par le son assourdissant d'un passage de troupeaux harnachés de taupins, sonnailles et autres cloches d'apparat, son probablement supérieur à 100dB.
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On le lit, le but poursuivi n'est pas d'enregistrer une partie d'instruments, mais bien des musiciens en réaction, voir en interaction, avec leur environnement sonore. On retrouve ici un des aspects du travail de John Butcher aves ses Resonant Spaces, mais avec ici quelque chose de moins scientifique et abstrait, de plus ancré dans le "réel", qui donne envie de sortir de chez soi et d'aller arpenter les sentiers de montagne.
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Ces deux disques auraient déjà amplement suffi à mon bonheur. Seulement, ils sont accompagnés par un troisième qui présente 4 études d'espace (printemps, été, automne, hiver) de Lionel Marchetti, composées de divers éléments, dont les "tournages sonores originaux" de Bomonstre. Ma découverte du printemps a été un des grands moments du dernier festival Densités. Lors de la première soirée, Lionel Marchetti, non prévu au programme, a diffusé cette magnifique pièce de musique concrète, très champêtre, avec un sens du détail et de la spatialité comme souvent unique chez lui. Au loin, on entend le souffle des trombones, sourd et presque menaçant, tandis que divers éléments sont agencés au premier plan : une abeille furieuse, un avion... Un grand moment de cinéma pour les oreilles, couché dans le noir si possible.
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mercredi 8 décembre 2010

Arlt et Castus

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Ce dimanche 19 décembre vers 20.00-20.30, le Cercle des Cinés du Laveu (Rue des Wallons 45 Liège) a le plaisir de vous inviter à un concert de Cédric Castus (Be, guitare et jouets) et d'Arlt (Fr, chanson folk en français). la PAF est fixée à 6 euros. Venez nombreux et faites passer le message.

Arlt chante à deux : voix d’eau (Eloïse Decazes) et voix de terre (Sing Sing) comme des haikus tournés mantras contrariés. Leur incandescente austérité fait des trucs. Toutes les chansons sont des chansons d’amour et Arlt l’a compris qui décline ça sur tous les tons menacés, inquiets, bagarreurs, hésitants, rieurs, étonnés. Avec pour décors les éboulis de pierres et des accidents d’oiseaux.
La guitare de Sing Sing est une sauterelle blessée, sèche comme une porte sur les doigts, ressassant blues paranormaux, folklore insituable et pop bercée sans casque un peu trop près des murs qu’on sait.
Decazes, impassible, aimante, larguée ou colère, bricole à cœur ouvert des orages et des aubes claires. Ce sont des berceuses, des litanies , de soudains décollages verticaux (épiphanies/évanouissements). L’autre râle, persifle, dérape, grogne, hulule et chante faux. C’est charmant.

Pour écouter ou voir Arlt, cliquez ici ou .

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Naturellement discret, Cédric Castus a officié pendant plusieurs années dans l'ombre, en tant que guitar eros du triumvirat V.O. / Raymondo / Soy Un Caballo. Seul dans son coin, il compose depuis 2007 des miniatures instrumentales à l'aide de sa guitare, de petits objets (sonnette, dictaphone) et d'une pédale loop. Entre Tortoise et Madonna, Cédric assure le service.

Pour écouter Castus, cliquez ici.

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