mercredi 28 octobre 2009

Grenouilles et maisons vides

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Dessin par Li Jun-Yang 李俊陽
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Yannick Dauby a suivi un cursus de musicologie et d'ethnomusicologie dans le Sud de la France avant de se consacrer à l'étude et à la pratique du field recording. Parfois associés à de subtiles interventions électroniques comme sur Février (Cherrymusic, 2006), ses enregistrements sonores de l'environnement s'intéressent prioritairement aux espaces naturels, aux chants et cris d'animaux et aux interactions de ces derniers avec les humains. Il a créé le label Kalerne sur le site duquel on trouve, outre des disques, une riche documentation assortie d'extraits audio sur l'essence de la "phonographie" (terme utilisé par le capteur de son pour désigner sa pratique), sur les liens entre art sonore, paysage et anthropologie...
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Un intérêt privilégié pour l'Asie a amené Yannick Dauby à y travailler à de nombreuses reprises. Le résultat de ses investigations est écoutable et visible sur deux récentes et splendides réalisations. Songs of the Frogs of Taïwan vol. 1 (Kalerne, 2009) présente, comme son nom l'indique, le chant de 32 espèces de grenouilles vivant sur l'île de Taïwan. Comme le précise le livret magnifiquement illustré (voir le dessin ci-dessus), ce sont bien des chansons d'amour (que le mâle émet pour attirer la femelle) que l'auditeur a ici la chance de découvrir. Délicatesse et variété marquent ces captations d'un monde amphibien méconnu qu'on aurait tort de négliger. On pense bien évidemment au classique Sounds of North American Frogs (Folkways, 1958).
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Le très beau livre Village, Vestiges (Shejingren, 2009), issu d'une collaboration avec Wan-Shuen Tsai, montre des photographies de maisons vides d'un village d'Auvergne et d'habitations traditionnelles (construites avec des blocs de coraux) abandonnées de l'archipel de Peng-Hu à Taïwan. Ces espaces désertés communiquent une certaine idée de la mémoire, mélancolique et désolée. Ce travail sur le souvenir et l'instantanéité que rendent avec tellement de justesse les images est avantageusement complété par un CD incluant des sons de la localité auvergnate et, surtout, du vent de Peng-Hu en hiver. Là, quelque chose se passe, l'émotion naît grâce à une démarche artistique à la frontière entre divers domaines : sound art, microhistoire, documentaire et poésie.
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lundi 26 octobre 2009

Densités

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Retour plus qu'enthousiaste de la 16ème édition du Festival Densités à Fresnes-en-Woëvre en Lorraine. Situé non loin de Verdun, ce village perdu dans la campagne reçoit chaque année durant trois jours nombre d'artistes aux expressions variées, ayant en commun une volonté d'aller de l'avant et de proposer des oeuvres originales et stimulantes. Musique improvisée, noise, poésie sonore, danse... Divers genres s'alternent et laissent peu de répit au spectateur, bien heureux de multiplier les expériences dans un cadre agréable (l'organisation est parfaite et l'accueil charmant).
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Pas mal de révélations... Une des plus fortes est sans aucun doute la performance de Jason Lescalleet (tape, bandes, laptops et divers) et Greg Kelley (trompette) qui, entre manipulation de bandes, approche réductionniste de la trompette, field recording et noise brutale, ont créé un monde sonore unique, ritualisé et très poétique. Avec beaucoup d'énergie, la pianiste Sophie Agnel tire une myriade de sons de son piano à l'aide de différents objets, tandis que Jérôme Noetinger et Lionel Marchetti élaborent un flux de sons électroniques tournoyants. Cinétique et galvanisant. Le pianiste légendaire John Tilbury a engourdi et hypnotisé l'assistance en interprétant du Morton Feldman et ses propres compositions dédiées à l'univers de Samuel Beckett. Dans un registre (très) différent, le Jazkamer du Norvégien Lasse Marhaug a infligé à l'assistance une déflagration extrêmement jouissive, par les aérations et rebondissements offerts notamment par un batteur survolté.
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D'autres bons moments évidemment. On croisait également à l'affiche Phil Minton, Birgit Ulher et Heddy Boubaker, Barre Philipps, Burkhard Beins, Oren Ambarchi, Peter Brötzmann, Paal Nilssen-Love... A la fin du festival, des fantômes planaient, tandis que leurs visages apparaissaient sur les murs. On y retourne l'année prochaine.
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mercredi 21 octobre 2009

Walden

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"Depuis 1950, je tiens un journal filmé. Je me promène avec ma Bolex en réagissant à la réalité immédiate : situations, amis, New York, saisons. Certains jours je filme dix images, d'autres dix secondes, d'autres encore dix minutes, ou bien je ne filme rien... WALDEN contient le matériel tourné entre 1964 à 1968 monté dans l'ordre chronologique." - Jonas Mekas
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Malavida Films a eu l'excellente idée de rééditer Walden - Diaries, Notes & Sketches de Jonas Mekas. Ce chef d'oeuvre du cinéma expérimental qui est aussi le parangon du journal intime filmé constitue bien plus qu'une entreprise nombriliste. S'y dessinent non seulement le portrait d'un milieu et d'une époque, la contre-culture new-yorkaise des années 1960 (parmi des dizaines de scènes, parfois dérisoires, on y voit une manifestation, la Factory d'Andy Warhol, un concert du Velvet Underground ou encore Tony Conrad devant son appartement), mais aussi une réflexion lyrique et mélancolique sur le temps qui passe, le souvenir... Ce "Ciné-Journal", que Mekas continue à élaborer de nos jours, est marqué par une grande liberté formelle, aussi bien au niveau du montage, des mouvements de caméra que du contenu de la bande-son.
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Pour les curieux, l'entièreté du film est visible sur le meilleur site web du monde Ubuweb.
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lundi 19 octobre 2009

Le brave soldat Chvéïk

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"Sérieusement, je ne comprendrai jamais pourquoi les fous se fâchent d'être si bien placés. c'est une maison où on peut se promener tout nu, hurler comme un chacal, être furieux à discrétion et mordre autant qu'on veut et tout ce qu'on veut. Si on osait se conduire comme ça dans la rue, tout le monde serait affolé, mais, là-bas, rien de plus naturel. Il y a là-dedans une telle liberté que les socialistes n'ont jamais osé rêver rien d'aussi beau. On peut s'y faire passer pour le Bon Dieu, pour la Sainte Vierge, pour le pape ou pour le roi d'Angleterre, ou bien pour un empereur quelconque, ou encore pour saint Venceslas. Tout de même, le type qui la faisait à la saint Vencesias traînait tout le temps, nu et gigotant, au cabanon. Il y avait là aussi un type qui criait tout le temps qu'il était archevêque, mais celui-là ne faisait que bouffer et, sauf votre respect, encore quelque chose, vous savez bien à quoi ça peut rimer, et tout ça sans se gêner. Il y en avait un autre qui se faisait passer pour saint Cyrille et saint Méthode à la fois, pour avoir droit à deux portions à chaque repas. Un autre monsieur prétendait être enceint, et il invitait tout le monde à venir au baptême. Parmi les gens enfermés il y avait beaucoup de joueurs d'échecs, des politiciens, des pêcheurs à la ligne et des scouts, des philatélistes, des photographes et des peintres. Un autre client s'y est fait mettre à cause de vieux pots qu'il voulait appeler urnes funéraires. Il y avait aussi un type qui ne quittait pas la camisole de force qu'on lui passait pour l'empêcher de calculer la fin du monde. J'y ai rencontré d'autre part plusieurs professeurs. L'un qui me suivait partout et m'expliquait que le berceau des tziganes se trouve dans les monts des Géants, et un autre qui faisait tous ses efforts pour me persuader qu'à l'intérieur du globe terrestre il y en avait encore un autre, un peu plus petit que celui qui lui servait d'enveloppe. Tout le monde était libre de dire ce qu'il avait envie de dire, tout ce qui lui passait par la tête. On se serait cru au Parlement. Très souvent, on s'y racontait des contes de fées et on finissait par se battre quand une princesse avait tourné mal. Le fou le plus dangereux que j'y aie connu, c'était un type qui se faisait passer pour le volume XVI du Dictionnaire Otto. Celui-là priait ses copains de l'ouvrir et de chercher ce que le dictionnaire disait au mot "Ouvrière en cartonnage", sans quoi il serait perdu. Et il n'y avait que la camisole de force qui le mettait à l'aise. Alors, il était content et disait que ce n'était pas trop tôt pour être mis enfin sous presse, et il exigeait une reliure moderne. Pour tout dire, on vivait là-bas comme au paradis. Vous pouvez faire du chahut, hurler, chanter, pleurer, bêler, mugir, sauter, prier le Bon Dieu, cabrioler, marcher à quatre pattes, marcher à cloche-pied, tourner comme la toupie, danser, galoper, rester accroupi toute la journée ou grimper aux murs. Personne ne vient vous déranger ou vous dire : "Ne faites pas ça, ce n'est pas convenable; n'avez-vous pas honte, et vous vous prétendez un homme instruit?" Il est vrai qu'il y a aussi là-dedans des fous silencieux. C'était le cas d'un inventeur très savant qui se fourrait tout le temps le doigt dans le nez et criait une fois par jour : "Je viens d'inventer l'électricité!" Comme je vous le dis, on y est très bien, et les quelques jours que j'ai passés dans l'asile de fous sont les plus beaux de ma vie."
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Extrait de l'hilarant Brave soldat Chvéïk du Tchèque Jaroslav Hašek (1883-1923) (Gallimard, Folio, pp. 69-71), publié en quatre tomes dont le dernier inachevé par l'auteur entre 1921 et 1923 (traduction française par Henry Horeujsi parue en 1932). Les images ci-dessus sont de la main du grand illustrateur tchèque Josef Lada, dont le travail pour les premières éditions du Soldat a définitivement marqué la réception de ce dernier.
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mardi 13 octobre 2009

Exposition universelle

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L'influence des musiques extra-occidentales sur le développement des sons modernes (de la musique japonaise sur John Cage, des ragas indiens sur les compositeurs minimalistes...) est bien connue. Dès la fin du 19e siècle, alors qu'ils ne sont pas encore diffusés dans nos régions et que l'ethnomusicologie n'en est encore qu'à ses balbutiements, ces genres exotiques vont émerveiller deux des compositeurs les plus importants de cette période charnière entre déclin du Romantisme et naissance de la Modernité : Claude Debussy et Erik Satie.
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Tous deux visitent l'Exposition Universelle de 1889 à Paris. C'est là qu'ils rencontrent une musique enchanteresse différant totalement des règles harmoniques et rythmiques auxquelles ils sont accoutumés. L'influence d'un orchestre de gamelan javanais sur l'art de Debussy a souvent été discutée (on voit ci-dessus un document issu des collections de la Bibliothèque historique de la ville de Paris montrant des danseuses javanaises présentes lors de cette foire). D'après la biographie d'Erik Satie (ci-dessus en 1909) par Anne Rey (Seuil, 1974 et 1995), ce dernier aurait eu un coup de foudre similaire.
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C'est un orchestre roumain qui le marque le plus. En 1889, dans Musiques pittoresques, Promenades musicales à l'Exposition de 1889, Julien Tiersot en écrit une description :
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"Les musiciens (...) se plaisent à ces mouvements lents qui se prêtent si bien à l'expression des sentiments contemplatifs et rêveurs qu'ils paraissent porter en eux. Souvent, le chant du violon ou de la flûte, soutenu par des accords mineurs prolongés, parfois très longtemps sans changer, a le caractère d'une improvisation très libre et à peine dessinée : il en résulte une impression vague et monotone, d'un charme berceur et captivant. (...) La tonalité est presque toujours mineure, ou du moins appartenant aux différentes variétés du mode mineur ; l'influence des gammes orientales, avec leurs intervalles augmentés très caractéristiques, s'y fait sentir ; ou bien ce sont des cadences bizarres, comme celle de telle mélodie majeure concluant au relatif mineur. (...) Quoi qu'il en soit, cela est délicat et plein de charme, surtout si l'on ne prolonge pas trop l'audition."
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Comme le relève Anne Rey, ce texte pourrait très bien servir à caractériser l'art de Satie qui, à cette époque, vient d'écrire les Gymnopédies et est en train de composer les Gnosiennes. Belle coïncidence... Contre une vision étriquée et ethnocentrique de la musique moderne...
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lundi 12 octobre 2009

Capter le son qui existe

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C'est grâce à la recommandation d'une personne bien intentionnée que j'ai assisté à la dernière séance au Cinéma Nova de Aquele querido mes de Agosto (Ce cher mois d'août) du Portugais Miguel Gomes. Peu souvent, un film donne une telle impression de réinventer le cinéma avec autant de légèreté et de fraîcheur. Ni un documentaire, ni une fiction, on pourrait en écrire mille choses, tant il grouille d'idées et de fantaisies. Il présente une équipe de cinéma qui, faute de moyens financiers pour entreprendre réalisation d'un mélodrame dans le milieu des bals populaires de la région d'Arganil, se retrouve à filmer gens, paysages et évènements de ce pays peu fréquenté entre Porto et Lisbonne. Finalement, la fiction sera quand même tournée, notamment avec des personnes du cru croisées dans la première partie plus "documentaire". Des correpondances multiples (thématiques, géographiques...) sont établies entre cette dernière et la fiction, de telle sorte que le film ne donne pas du tout l'impression d'être coupé en deux.
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Un de ses aspects les plus interpellants concerne le rapport des images avec le son. De nombreux indices montrent qu'il s'agit d'un thème très important pour le réalisateur et pas seulement parce que la musique joue un rôle majeur dans l'histoire : le preneur de son apparaît souvent à l'écran (qu'il enregistre le vent, les eaux tranquilles d'une rivière ou une partie de boules), différents procédés de synchronisation son-image sont utilisés (insert de sons manifestement distincts des images, de musiques déroutantes à des moments apparemment innoportuns)... Enfin, la dernière scène montre le réalisateur faire des remontrances à son preneur de son car ce dernier n'a pas pu s'empêcher de "bousiller" tout le son du film à l'aide de ces techniques iconoclastes. Il ressort de cette conversation à première vue loufoque (le film est souvent très, très drôle) une réflexion sur la nature, forcément subjective, de l'écoute des phénomènes sonores (qu'ils soient musicaux ou pas), sur le rôle esthétique d'une bande-son... On retrouve par ailleurs une préoccupation très proche de celle des meilleurs field recorders dont l'objectif est de créer l'image sonore d'un lieu et d'attirer l'attention de l'auditeur-spectateur sur des évènements auxquels il n'aurait probablement pas fait attention s'ils n'avaient pas été enregistrés. Durant le film, j'aurai ainsi pensé plus d'une fois au projet Porto du duo Alejandra & Aeron (on en parlait ici), pour la proximité géographique bien sûr, mais aussi pour une certaine communauté d'esprit concernant le traitement sensible et subtil des "sons qui existent". Chroniques, interviews, bande-annonce... sont disponibles sur le blog du Cinéma Nova et ici, un beau texte de Comment7.
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vendredi 9 octobre 2009

Epiphonie

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Les deux premiers concerts de l'ASBL Epiphonie (créée par Flight of the Ruffian, qui a pris la photo ci-dessus, Young Girls, Docteur Flas et moi-même) auront bientôt lieu. C'est grâce à l'aimable collaboration de l'ASBL des Amis de la chapelle Saint-Roch en Volière que nous disposerons d'un lieu patrimonial exceptionnel à proximité du centre de Liège. Edifiée au 16e puis agrandie au 17e siècle, cette chapelle désservait le couvent des Frères Cellites, spécialisés dans les soins aux malades de la peste. Le bâtiment devrait bientôt voir le retour de son orgue baroque Robustelly, en cours de restauration et classé patrimoine exceptionnel de Wallonie.
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Nous souhaiterions organiser à cet endroit des concerts de musiques qui nous passionnent et qui pourraient profiter de l'acoustique exceptionnelle du lieu par une sonorisation minimale. Chaque soirée sera l'occasion de l'exploration d'une thématique : free jazz - improvisation, confrontation musiques baroque et contemporaine, instruments inventés...
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D'ores et déjà, deux soirées sont programmées et au moins une troisième est en préparation. Les deux premières seront consacrées au renouvellement de l'héritage blues et folk par quelques-uns des plus dignes héritiers de ce genre : Daniel Higgs et Ignatz le vendredi 16 octobre, Cian Nugent, Glenn Jones et Jack Rose le lundi 9 novembre. Pour plus d'informations sur ces artistes, l'accès à la chapelle et autres, visitez le site de l'ASBL ou contactez-moi ! Venez nombreux...
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mercredi 7 octobre 2009

To kick a wind to

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Très jeune, Chris Hipkiss s'intéresse à la vie sauvage de son Angleterre natale. A l'âge de 16 ans, il commence à travailler comme apprenti dans l'usine de son père. C'est donc en autodidacte qu'il développe peu à peu un style de dessin très original, en utilisant des supports de grand format (souvent plus d'un mètre de largeur, parfois bien plus). Mon attention a été attirée récemment par la parution de To Kick a wind to, une magnifique rétrospective de son travail au format géant (30 x 40 cm) chez United Dead Artists, la maison d'éditions créée par Stéphane Blanquet.
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Ses dessins sont généralement des vues en hauteur envisagées avec un angle très large de paysages fantastiques. S'y entremèlent des éléments végétaux semblant issus de périodes antédiluviennes et des constructions résultant de la fusion improbable d'une Babylone inventée et de la Place rouge. On y voit des espèces de processions et/ou un grouillement d'êtres perdus dans l'immensité qui les entoure. L'usage de perspectives étranges, le côté inhumain des paysages et l'allure presque monstrueuse des personnages rapprochent ces visions de celles d'artistes qui ont voulu représenter le pire de l'au-delà : Jérôme Bosch, William Blake bien sûr, mais aussi James Ensor. Le parcours en dehors des sentiers académiques de Chris Hipkiss et son inspiration fantasque en font un représentant, internationalement célébré, de l'art brut. Les illustrations ci-dessus constituent des exemples de son travail récent, issus de son site internet.
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vendredi 2 octobre 2009

Follow the sound

Han Bennink à Middleburg en novembre 1972 (photo de Pieter Boersma)
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Han Bennink à Massmechelen lors d'un concert de l'ICP Orchestra le 13 juin 2009 (photo de Flight of the Ruffian)





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Ce week-end a lieu un des grands moments musicaux de l'automne : le festival Follow the Sound à Anvers (anciennement Free Music Festival). Une programmation énorme cette année : notamment une nuit avec Han Bennink (le 2 octobre) et une autre avec Cecil Taylor en solo et en duo avec Tony Oxley (le 4). Soit des légendes qui repoussent les limites de la musique depuis des décennies et qui, contrairement à certains de leurs anciens compagnons de route, ne profitent pas de leurs vieux jours pour s'endormir et se laisser aller à un académisme stérile.
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S'il en faut une preuve, il suffit de lire la programmation de la soirée tournant autour du batteur Han Bennink (un des derniers partenaires d'Eric Dolphy, un des inventeurs Européens de l'improvisation, un des piliers de l'ICP Orchestra et sideman occasionnel de Cecil Taylor, Anthony Braxton, Derek Bailey, Peter Brötzmann, Noah Howard et j'en passe...). Il jouera au sein de son trio en compagnie des jeunes musiciens Joachim Badenhorst (clarinette) et Simon Toldam (piano) (leur premier album très prometteur Parken vient de sortir sur Ilk). Le guitariste Noël Akchoté, un des fers de lance de l'improvisation en France, se joindra à eux pour une rencontre inédite.
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Han Bennink accompagnera ensuite ses compatriotes hollandais The Ex (qu'il a d'ailleurs suivis plusieurs fois sur scène, notamment en Ethiopie). Ce groupe de (post)punk n'est plus à présenter. Depuis qu'il a commencé en 1979, il aura voyagé, changé, expérimenté et intégré toutes sortes de musiques et de pratiques (improvisation, free jazz, musique africaine...). Malgré le départ récent du chanteur G.W. Sok, il continue à dégager sur scène une énergie indescriptible. Cette soirée aura lieu au Scheld'Apen. Peut-être un petit mot sur Cecil Taylor d'ici dimanche, peut-être pas...
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